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AFRiCA N°1 AU FOND DU GOUFFRE

novembre 16, 2010

LE VERDiCT est sans appel : « après avoir été la première radio d’Afrique, avec plus de vingt millions d’auditeurs, Africa n°1, radio gabonaise créée en 1981, n’est plus que l’ombre d’elle-même. » Dans son article intitulé « Africa n°1, le crépuscule d’une radio africaine », Pierre Barrot, le démontre, chiffres à l’appui. L’ ancien journaliste-producteur et ex-attaché culturel de la France en Afrique explique cette «  descente aux enfers » en quatre points :

–         l’ouverture du paysage audiovisuel dans la plupart des pays d’Afrique francophone aux débuts des années 90. En plus de son hégémonie, Africa n°1 perd un gros pan de ses revenus : la location de son matériel de diffusion du centre de Moyabi, le plus puissant du continent

–         le retrait, en 2002, de la société française SOFIRAD (Société financière de radiodiffusion) qui entraîne une période de transition catastrophique

–         en 2010, un « redéploiement » promis par un nouvel actionnaire libyen « qui tarde à se concrétiser ».

–         le tout sur fond d’audience « au plus bas dans la plupart des capitales d’Afrique francophone. »

Seule note positive: l’exception culturelle française :o). « Malgré son déclin sur le continent noir, Africa n°1 est parvenue à conserver un auditoire fidèle en France où une étude BVA lui attribuait en 2007 une ‘notoriété spontanée’ deux fois et demi plus importante que celle de Radio France Internationale parmi les ‘Africains d’origine’ résidant en région parisienne. » Mais cela semble bien peu pour sauver l’avenir global de la station…

Cette mini-étude très bien ficelée est publiée sur le nouveau site d’analyse du monde audiovisuel et numérique de l’INA (l’institut national (français) de l’audiovisuel). Lancé le mois dernier, InaGlobal.fr est une web-revue qui veut devenir à terme l’ « observatoire [mondial] de référence sur les secteurs des industries créatives en cours de mutation. » Comment le site compte-il atteindre cet ambitieux objectif ? En s’appuyant sur une rédaction de près de 400 chercheurs et experts répartis dans une trentaine de pays qui publieront des éclairages « sur l’ensemble des secteurs des industries créatives, des médias et des contenus numériques » : du cinéma aux mangas, en passant par la télévision, le jeu vidéo, l’édition, la musique et bien sûr, internet. Le tout accessible gratuitement, en français et en anglais.

Le site est en version « bêta » (c’est une version test, perfectible, que l’on met en ligne avant la publication de la version aboutie) jusqu’à l’été 2011. Déjà érudit, fonctionnel et plutôt joli (j’adore la grande photo et l’animation des articles de la Une, le dégradé des titres de rubriques, les arrondis de certains blocs…), ça promet pour la suite.
 

PS : Pierre Barrot publie également sur InaGlobal une radioscopie très intéressante des radios internationales en Afrique.

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